Les hommes de Goldman Sachs omniprésents autour de Trump

Article de Benjamin Masse-Stamberger publié sur son blog le 3 décembre 2016.

Les Goldman boys squattent les postes-clés.

« Je les connais les banquiers de Goldman Sachs ! Ils exercent un contrôle total sur Hillary Clinton ! » Ainsi parlait Trump durant la campagne, critiquant à juste titre l’emprise du secteur financier sur la candidate démocrate. En sens inverse, le président de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, s’était inquiété que le promoteur immobilier bling-bling, et star de la télé-réalité, puisse être en charge de la dissuasion nucléaire. « L’image de Trump avec le doigt sur le bouton  me laisse sans voix », s’était inquiété Blankfein au printemps dernier.

Mais depuis le 8 novembre dernier, tout a changé. Le lendemain même, Blankfein déclarait que le programme économique de Trump pourrait être « bon pour la croissance. » Quant au milliardaire-président, grand contempteur de Wall Street durant la campagne, il a brusquement tourné casaque. Il a ainsi émis le souhait de supprimer la pourtant très peu contraignante loi Dodd-Franck, votée sous l’administration Obama pour modérer les excès les plus criants du secteur financier américain. Sans guère de succès d’ailleurs, tant Wall Street est puissante outre-Atlantique. Tant aussi l’économie américaine est droguée à la croissance artificielle, alimenté sans limites par la planche à billets et le levier financier.

Toujours est-il que Trump et la pieuvre Goldman – comme elle est surnommée pour sa capacité à infiltrer tous les étages de l’establishment politico-économique, et pas seulement aux Etats-Unis – filent désormais le parfait amour. Au fil des annonces de nominations, on retrouve cités à de nombreuses reprises les hommes de Goldman, dans l’entourage immédiat de Trump.

A commencer bien sûr par le Secrétaire d’Etat au Trésor, équivalent américain de notre ministre des Finances.  C’est presque devenu une tradition aux Etats-Unis que le poste revienne à un ancien de Goldman Sachs : ce fut déjà le cas entre 1995 et 1998 avec Robert Rubin, puis entre 2006 et 2009 avec Henry Paulson. On se souvient même que Paulson fut accusé d’avoir validé la faillite de Lehman Brothers, à l’origine de l’effondrement du système financier mondial en 2008, afin de favoriser sa concurrente, Goldman Sachs…dont il était auparavant le président.

Toujours est-il que Trump n’a pas dérogé à la tradition : il a nommé au Tresor Steve Mnuchin, qui a passé 17 ans chez Goldman, dont il est devenu associé, comme son père avant lui. Mnuchin avait notamment géré, avant la crise, les produits financiers adossés aux prêts immobiliers – ces fameux subprimes qui seraient plus tard à l’origine de l’effondrement – avant de créer sa propre activité, puis de devenir producteur à Hollywood.

Autre recrue potentielle de Trump issue de Goldman Sachs : Gary Cohn, qui n’est rien moins que le directeur général de la banque d’affaires, que le « Donald » envisage de nommer à la tête du Budget. Barré par Blankfein à la tête de Goldman, Cohn avait déjà fait part de son désir de quitter la banque. Après 26 ans passés au sein de GS, on peut cependant supposer qu’il conservera quelques contacts au sein de son ex-employeur…

Mais ce n’est pas tout : Anthony Scaramucci, membre du comité exécutif de l’équipe de transition de Trump, est également un ancien de la banque, de même surtout que Steve Bannon : le grand manitou de Breitbart News, classé très à droite, a été le chef exécutif de la campagne de Trump durant les derniers mois. Il est désormais le conseiller principal du président. Lui aussi était banquier d’affaires chez GS, avant de créer sa propre société d’investissement.

Enfin, les « Goldman Boys » vont se nicher jusque dans l’entourage familial du héros de The Apprentice. Du côté de la famille Kushner : Jared, 35 ans, mari d’Ivanka, est aussi l’un des plus proches conseillers du président élu. Son frère Joshua, dont il est très proche est également un ancien banquier de Goldman. Et la liste est encore susceptible d’être allongée.

Goldman Sachs a toujours été spécialiste du mélange des genres, et de l’entrisme, en politique comme dans les grandes institutions financières : entre autres, les présidents de la banque d’Angleterre, Mark Carney, et de la Banque Centrale Européenne, Mario Draghi, sont d’anciens Alumni de Goldman. En sens inverse Mario Monti ou encore José-Manuel Barroso sont passés de la Commission Européenne à la banque d’affaires américaine. Rarement, pourtant, « la Pieuvre » aura été aussi bien représentée que dans l’équipe du nouveau président « antisystème ».

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