Le grand djihad de France

Articule publié le 20 novembre 2015 dans Causeur par Guillaume Bigot

Il faut reconquérir les territoires perdus

Cette drôle d’avant guerre qui prenait le périphérique pour la ligne Maginot a cru éviter la guerre civile au prix de la délinquance. Il  faut, à présent, éviter de récolter les deux.

Qu’avons-nous à redouter de ces attentats ? Dans le contexte d’un djihad made in France qui ira crescendo, notre histoire, sur le temps long, nous rappelle que la scission dans le sang est toujours possible.

Sécession sociologique (classes populaires évincées par la globalisation), sécession culturelle (l’école cassée et l’enseignement rendu impossible par les incivilités) et sécession économique (les cités vivent de trafic en tous genres), ce glissement de terrain a mis trente ans. Nous y sommes.

Cette situation est odieuse mais nullement tragique. La tragédie tient à ce que ces multiples séparations correspondent déjà partiellement à une sécession idéologique. La religion majoritaire dans les zones qui ont glissé n’est pas celle du pays. Cela aurait peu d’importance si une minorité de musulmans français, infime mais ultra motivée, n’avait pas déclaré la guerre à leur  pays. Une fois ce diagnostic posé, que faire ? D’abord et en priorité, reconquérir le sol de la République.

Le faire de manière inconditionnelle, sans coup férir et tout de suite.

Commençons par déployer l’armée française dans ces territoires perdus qui correspondent, peu ou prou, aux 357 zones sensibles recensées par le ministère de l’Intérieur. La population vivant sur ces zones quasiment détachés est d’environ 4 millions d’habitants. Sur un territoire étranger et ennemi, notre état-major considère qu’un militaire sécurise entre 40 et 100 habitants. Nous sommes chez nous. 40.000 personnels suffiront à reprendre le contrôle du pays.

L’objectif est d’abord sécuritaire : prélever les armes, démanteler les trafics, désorganiser l’ennemi. Pour réussir, l’opération doit être foudroyante et systématique : chaque recoin, chaque cave, chaque appartement doit être fouillé. Les armes, les produits stupéfiants doivent être saisis. Les individus malfaisants (dealers, djihadistes connus et mêmes islamistes) doivent être appréhendés,  jugés, incarcérés, expulsés ou interrogés.  D’ailleurs, ce sont des hommes et des femmes de loi, magistrats, policiers, gendarmes, douaniers qui doivent conduire ce travail, renforcées par des troupes farouches et aguerries. Pour ce faire, le cadre légal devra être temporairement suspendu. Cette action d’étouffement doit être méthodique, calme et rapide. Il ne faut surtout pas rester. Hit and run comme disent les militaires américains.

L’armée est une tronçonneuse et nous avons besoin d’un scalpel diront certains médecins. Nous avons besoin des deux. L’un ne fonctionnera plus sans la possibilité de l’autre.

La République doit être implacable mais exemplaire. La torture, contrairement à ce qui s’est  passé avant hier de l’autre côté de la Méditerranée et hier de l’autre côté de l’Atlantique, doit être strictement interdite.

Rappelons au nom de quoi nous devons frapper : liberté, égalité, fraternité.  Nous n’avons pas à occuper les banlieues mais à les libérer, à les ramener dans le giron français. Le moment est venu de tenir la promesse du karcher, formulée par des politiciens inconséquents.  Il ne s’agit pas, pas encore du moins, de zones ennemies mais déjà de zones de non droit où l’ordre public, celui décidé par le peuple français doit être rétabli de gré ou de force. Ironie de notre langue, « ban lieu » désigne le « lieu du ban » autrement dit l’endroit de la justice. Il faut que les cités retournent dans la Cité. Une majorité silencieuse dans ces « quartiers » n’attend que cela et sera soulagée de sentir que l’État les protège, enfin, des criminels et restaure le premier des droits de l’homme : la sûreté.

Certes, ces « zones sensibles » semblent parfois étrangement calmes. Méfions-nous de ce calme-là, il correspond à une étrange défaite qui n’a que trop duré.  L’ordre qui règne n’est pas encore totalement islamiste mais n’est plus français. La « haine du Céfran » y est banale et ce sont des trafiquants ou des imans qui y font leur loi. L’enjeu est donc hautement symbolique. Il s’agit d’imposer manu militari le retour de ce que les philosophes appellent la concorde.

Cette opération va jeter de l’huile sur le feu, se récrieront certains. Déployer la troupe sera vécu par « les populations » comme une provocation. Intéressante objection qui recèle un terrible aveu de la part de ceux qui la formuleraient : nous ne serions donc déjà plus chez nous dans « les quartiers »  et leurs habitants n’appartiendraient pas à notre peuple.

Il faut désormais choisir ton camp citoyen : soit les habitants (majoritairement musulmans) des cités sensibles sont tes frères (fraternité) et dans ce cas, comment peux tu les abandonner à la férule d’une minorité qui nous hait ; soit ils sont désormais chez eux dans certaines zones mais dans ce cas, ils ne sont déjà plus (ou ne deviendront jamais) des compatriotes. Le politiquement correct serait-il le masque masochiste du racisme ?

Le djjhadisme qui nous frappe déjà depuis 1995 va monter en puissance et la crise est très loin de son paroxysme. Car qui peut garantir demain, 20.000 morts plus tard, que notre peuple ne finira pas par se déchirer ? Si cela arrive, ce sera la fin, non de la France mais d’une certaine idée de notre pays. Et avec elle, inévitablement, des centaines de dizaines de milliers, peut être des millions de musulmans seront rejetés de l’autre côté de la Méditerranée comme un corps étranger. Révisez votre histoire et demandez-vous si cette hypothèse n’a vraiment aucun lien avec des faits ayant existé…

Le véritable risque finalement, ce n’est pas que la petite bête mange la grosse, c’est qu’un matin, comme l’a très bien analysé Pierre Hassner, le bourgeois se mue en barbare. Or, répétons-le, à aucun moment, dans l’histoire de France, une minorité ne s’est dressée contre la majorité sans finir écrasée. Bourguignons, Protestants, émigrés, collabos, tous ont très mal fini.

L’un des innombrables services rendus à la patrie par De Gaulle fut d’éviter la guerre civile. L’épuration légale fut économe en vies humaines. Il nous faut, à présent, toutes proportions gardées et dans un tout autre contexte, vider, à notre tour, un abcès à froid et sans effusion de sang.

Autre motif puissant, il faut toujours montrer la force pour éviter d’y recourir. Le seul péril mortel que nous devrons affronter, c’est la déchirure irréparable entre anciens et nouveaux français musulmans. On dira que l’islam n’a rien à voir avec le djihadisme. C’est aussi absurde que de prétendre que l’alcool n’a aucun rapport avec l’alcoolisme ou que le nazisme était sans lien avec l’Allemagne. Dans la tête de nos dirigeants, il existe d’un côté des djihadistes fanatisés type Orange mécanique et, de l’autre côté d’une paroi étanche, des pratiquants ultra civiques et paisibles. Dans la réalité, il y a un immense dégradé entre un islamisme ultra violent, un salafisme parfois pacifique mais toujours radical et qui hait secrètement ce que nous sommes, un islamisme plus ou moins bon teint, un islam très loyaliste (vis-à-vis de qui ?) et, enfin, une vaste majorité de citoyens « lambdas » nés musulmans comme d’autres  sont juifs ou chrétiens sans que cette origine soit une appartenance ou une pratique.

Alors pourquoi vouloir reprendre le terrain de manière si soudaine, si spectaculaire et si brutale ? Pour arrimer solidement et préventivement cette population de notre côté. L’islam admire la force. L’allégeance va toujours vers elle. Sans force, pas de légitimité. Il doit être clair pour tous les citoyens, de toutes confessions, que la force est et restera à la loi. Nous sommes chez nous. Ils font partie de ce « nous » et ce nous doit redevenir le plus respecté partout où il est chez lui. La France doit replanter le tricolore sur son territoire, que cela plaise ou non.

Ne va t-on pas précipiter les petits caïds dans les bras des barbus ? La question est mal formulée  et repose sur un nouveau déni de réalité : la délinquance, les trafics de toutes natures ont toujours partie liée avec le djihad. L’islamisme ne nous menace pas à la manière d’un totalitarisme classique (les totalitarismes étaient de fausses religions, l’islamisme s’appuie sur une foi authentique), en imposant militairement un nouvel ordre étatique mais en propageant et en se nourrissant du désordre comme une flamme de l’oxygène. Plus il y a de déréliction et plus le néantisme vert se répand. L’islamisme, c’est la religion naturelle de l’effondrement des États.

Les jeunes des banlieues ne respectent que la force. Ils détesteront les bérets rouges qui vont les évincer de « leurs quartiers » mais ils les admireront pour la même raison qu’ils admirent le courage, l’intransigeance et le sens du sacrifice des djihadistes. On ne supprime que ce que l’on remplace. Et c’est pourquoi cette reprise en main ne saurait être qu’un préalable à une vaste réforme morale et intellectuelle du pays. Il faut refaire la patrie. Mais cela c’est déjà une autre histoire. C’est celle du grand djihad de France qui n’a pas encore commencé.

 

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