Le crépuscule du « Made in Germany »

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Benjamin Masse-Stamberger est journaliste, membre fondateur du Comité Orwell. Ancien Grand Reporter à l’Express, il est co-auteur de Casser l’Euro pour sauver l’Europe aux éditions des Liens qui Libèrent. Il tient le blog Basculements.

Décidément, cela ne tourne plus très rond au royaume d’Angela Merkel. Quelque chose semble s’être grippé dans la belle mécanique de l’économie allemande. A preuve, les estimations de croissance des quatre principaux instituts de prévision allemands (le DIW de Berlin, l’Ifo de Munich, l’IWH de Halle et le RWI d’Essen) : ils prévoient désormais une croissance de 1,8 % en 2015, contre 2,1 % encore au printemps dernier. Quant au FMI, il ne voit pas la croissance allemande dépasser les 1,5 %.

En cause : l’environnement extérieur, bien sûr, particulièrement important pour une économie très dépendante des exportations. Les exports ont chuté de 5 % au mois d’août, du jamais-vu depuis la crise de 2009. Les ratés de la croissance mondiale jouent un rôle important, et notamment les difficultés de la Chine, qui achète en masse les machines-outils et autres produits industriels manufacturés outre-Rhin.

Monuments en péril

Mais ce n’est pas tout : la réputation du « Made in Germany » est elle aussi en question. C’est le cas bien sûr dans l’affaire Volkswagen, où mensonges et truqueries sont apparus au grand jour. Une affaire qui pourrait avoir de lourdes conséquences non seulement sur l’industrie automobile, mais aussi sur la croissance allemande. Selon Axa IM, l’impact de l’affaire Volkswagen pourrait s’élever jusqu’à 1,1 % du PIB.

Car ce n’est pas seulement la santé économique du constructeur qui est en jeu. Au-delà, c’est toute la réputation de la filière automobile allemande, et même de son industrie, qui se trouvent mises en question. Une réputation qui repose en grande partie sur la fiabilité. Or, que reste-t-il de cette fiabilité, s’il s’avère que le constructeur a menti et triché ?

D’autant que Volkswagen n’est pas le seul fleuron de l’économie à tanguer, et à voir son éthique remise en question. On apprenait ainsi la semaine passée que Deutsche Bank avait cumulé au troisième trimestre 6,2 milliards de pertes, alors que ses principaux concurrents européens, l’espagnol Santander et le français BNP Paribas, sont eux, à nouveau en pleine forme. En cause : l’évolution de son modèle économique après la crise, mais aussi, et surtout son implication dans un grand nombre d’affaires ( Libor, soupçons de manipulation du marché européen des devises, enquête sur une affaire de blanchiment d’argent en Russie…). Au total, 23 000 emplois pourraient être supprimés. Et là encore, ce n’est pas seulement l’efficacité, mais aussi l’éthique de la grande institution financière qui sont remises en question. Volkswagen, Deutsche Bank : deux des principaux piliers de l’industrie et de la finance, outre-Rhin, sont aujourd’hui en péril…

Lire la suite sur Basculements, le blog de Benjamin Masse-Stamberger.

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Une réflexion sur “Le crépuscule du « Made in Germany »

  1. …Deutschland über alles…plus dure sera leur chute, trop d’assurance, trop de commerce extérieur, trop de protestant, bref, pas assez franchouillard!

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