Migrants : face à l’Allemagne, retrouvons notre indépendance ! 

19863662131_0afcd6a60a_b

Stupeur chez les angélistes ! La décision de l’Allemagne de rétablir le contrôle à ses frontières a déboussolé nos bonnes âmes, qui depuis quelques jours, nous enjoignaient de nous inspirer de sœur Merkel, de sa compassion et de son ouverture d’esprit. Et voici que la Chancelière décide, unilatéralement, de revenir sur ses engagements, au mépris des conséquences pour ses partenaires et voisins. Voilà qui devrait donner à réfléchir aux Merkolâtres et autres germanophiles primaires, s’ils étaient conséquents. S’ils n’étaient pas, surtout, à la fois fascinés et tétanisés par le retour de l’impérialisme allemand en Europe. Essayons de les aider.

Si revirement il y a en effet, il concerne uniquement la forme : ouverte quand cela l’arrange, L’Allemagne se referme lorsqu’elle comprend qu’elle s’est trop avancée. Sur le fond, en revanche, rien ne change : elle suit la politique de ses intérêts, et de ses intérêts uniquement, fusse aux dépens de ceux de ses partenaires et de la supposée entente européenne.

Ainsi l’ouverture aux migrants, présentée comme un modèle de générosité, correspondait déjà à un triple calcul d’opportunité.

  • Opportunité démographique, d’abord : comme le soutient notamment l’historien Jean-Louis Thiériot : « Avec 1,4 enfant par femme en 2014 et un accroissement naturel négatif depuis 1972, pour garantir sa prospérité et payer ses retraites, l’Allemagne est contrainte de faire appel à l’immigration. C’est le prix à payer pour le malthusianisme du miracle économique allemand’ et son effrayant collapsus démographique. (…) En 2030, on estime qu’il manquera à l’Allemagne  près de six millions de postes de travail dans des secteurs tels que l’hôtellerie, la logistique, la santé ou les soins aux personnes âgées. L’afflux d’une main d’œuvre abondante et bon marché est pour l’économie une divine surprise, même si elle est repeinte aux couleurs de la générosité. » L’Allemagne a donc voulu faire contre mauvaise fortune démographique, bon coeur migratoire, admettons.
  • Opportunité économique : l’Allemagne voyait poindre un problème pratiquement existentiel pour son industrie : la perte de compétitivité. L’instauration d’un smic à 8,50 euros capable de renchérir ses prix à l’export, l’atterrissage de son grand client chinois et la baisse du dollar (-8,5% face à l’euro depuis six mois) pilotée par des Etats-Unis bien décidés à « refaire » de leur devise une monnaie de combat. Dans ces conditions, les migrants – pour certains d’entre eux très qualifiés et pour la totalité aux abois financièrement – arrivent  à point nommé pour redonner du lustre à la compétitivité allemande. Les employeurs voient dans cette main d’œuvre à bas coût une manne pour tenir leur rang sur la scène du commerce international. Une stratégie qui s’intègre en réalité parfaitement dans la politique mercantiliste de l’Allemagne, visant à toujours maintenir un coup d’avance, en termes de compétitivité, sur ses principaux rivaux européens et mondiaux.
  • Opportunité géostratégique : le discours d’ouverture d’Angela Merkel était, aussi, une manière d’imposer sa marque et sa ligne à une Europe atone, en particulier à une France déclinante. Mais, lorsqu’il a fallu changer de pied pour sauvegarder ces mêmes intérêts, la Chancelière n’a pas hésité, sans se soucier une seconde des conséquences pour l’Europe, ou même pour les pays limitrophes. D’ailleurs, même lorsqu’Angela Merkel ouvrait les bras aux réfugiés syriens, elle réclamait dans le même temps  avec des mots très durs la création d’une liste de pays sûrs, notamment dans les Balkans, et la mise en place d’une procédure d’expulsion accélérée pour les «migrants économiques» qui n’ont, selon elle, «aucune vocation à rester sur le continent européen».

Conclusion : l’Europe de la coopération et de la solidarité, telle qu’elle nous est vendue depuis vingt ans, est une pure fiction. Une vaste blague. Or, face à cette réalité, que fait la France ?  Elle essaie, contre vents et marées, de prouver aux autres et à elle-même que Madame Merkel demeure dans une logique coopérative. Moyennant quoi, comme durant la crise grecque, Berlin impose sa volonté à l’Europe. Sans prendre de gants. Le Vieux continent est en train de devenir un Empire allemand et nos dirigeants, capitulent avant même d’avoir livré bataille.

De ce constat implacable de l’unilatéralisme allemand, la France devrait pourtant tirer quelques leçons. La première, c’est qu’elle doit retrouver son indépendance d’esprit, et ainsi sa capacité à défendre ses propres valeurs et ses intérêts. Mais, après quarante ans de fragilisation par des apprentis sorciers lui enjoignant de renoncer à ce qu’elle était, elle demeure anesthésiée. Comme si ce sursaut vital lui était devenu impossible. Et pourtant, il y a urgence à se réveiller, notamment en matière de politique migratoire et d’intégration.

Car la crise actuelle n’est que le prélude d’un phénomène plus durable d’exode des populations du Sud vers le Nord. La lutte pour les ressources, dans un contexte de catastrophe écologique, sera l’un des principaux enjeux du siècle. Sans tomber dans la théorie du complot, l’arrivée en masse probable en Europe de millions de migrants risque de provoquer un bouleversement démographique, puis civilisationnel sans précédent. Les fanatiques de Daech, mais aussi les frères musulmans, les salafistes en ont pleinement conscience, qui ne cachent plus leur volonté de mettre l’Europe à genoux. Entre Bachar El-Assad et la Russie de Poutine d’un côté, et Al-Baghdadi de l’autre, il semble bien que nos dirigeants ne veuillent pas choisir. Alors que le principal danger est bel et bien ce totalitarisme islamique, ce « nazislamisme », ainsi que tous ceux qui ne veulent pas vraiment lutter contre lui (Turquie, Arabie Saoudite, Emirats). Les beaux discours sur l’ouverture illimitée des frontières, dont nos dirigeants se repaissent encore aujourd’hui, se heurte désormais frontalement à la froide réalité de la géopolitique. Il faut stopper la progression du terrorisme dans les pays du Sud (cela implique notamment de revoir nos échanges avec les pétromonarchies du Golfe), mais aussi réfléchir à de nouveaux modèles de développement en Europe et dans les pays du Sud. Il convient aussi de trouver d’autres modes de coopération, parce que laisser ce travail aux seules multinationales, peu soucieuses du bien commun, serait moralement inacceptable. Mais également parce qu’à terme, c’est la survie de notre propre civilisation qui est en jeu. Bref, c’est un système cohérent, économique, sociétal, diplomatique, que notre pays doit concevoir. Sans être constamment à la remorque d’une Allemagne qui, elle, a depuis longtemps décidé de faire cavalier seul.

Par Natacha Polony, Jean-Michel Quatrepoint, Benjamin Masse-Stamberger,Alexandre Devecchio, Guillaume Bigot et Franck Dedieu.

Publicités

2 réflexions sur “Migrants : face à l’Allemagne, retrouvons notre indépendance ! 

  1.  » la politique mercantiliste de l’Allemagne, visant à toujours maintenir un coup d’avance, en termes de compétitivité, sur ses principaux rivaux européens et mondiaux »…

    Ah… Parce qu’une politique « non mercantiliste » (Humaniste peut-être ?) consisterait à « maintenir un coup de retard, en terme de compétitivité, sur ses principaux concurrents » ?

    Chic, la France, elle, n’a pas une politique « mercantiliste » !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s