Coralie Delaume : l’euro est l’instrument de la domination allemande

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Cet article est paru le 17 juillet 2015 sur le FigaroVox.

Coralie Delaume est essayiste. Elle a notamment publié «Europe. Les Etats désunis» (Michalon, 2014). Découvrez ses chroniques sur son blog.

Il n’est pas utile de revenir sur le détail de l’accord effroyable conclu entre le Grèce et ses créanciers le week-end dernier. Tout en a été dit ou presque. Il vient d’être voté à l’unisson par les différents parlements nationaux, alors même que tout le monde, d’Alexis Tsipras à Wolfgang Schäuble en passant par le FMI et des économistes du monde entier, s’accorde à dire qu’il n’est pas viable. C’est d’ailleurs bien normal puisqu’il ne s’agit pas d’un véritable accord pour secourir la Grèce. Il s’agit au contraire de la mise en coupe réglée d’un pays vaincu, auquel on souhaite ne laisser aucune chance de rétablissement. Paradoxal, en plein cœur de «l’Europe-c’est-la-Paix». Mais le ministre slovaque des finances Peter Kažimír a imprudemment vendu la mèche sur Twitter en avouant – avant d’effacer son tweet – que si l’accord obtenu était particulièrement dur pour Athènes, c’était parce qu’il venait sanctionner le «Printemps grec». Pas d’accord donc, mais un châtiment. Une expédition punitive conduite par des idéologues violents. Par des «terroristes» avait lancé Yanis Varoufakis. Cela avait provoqué un tollé. On sait désormais qu’il exagérait à peine.
Il peut être utile, en revanche, de revenir sur les enseignements que cet «accord» a livrés. Il est désormais clair, par exemple, que le projet d’Alexis Tsipras consistant à combiner la réhabilitation de la démocratie en Grèce, la fin de l’austérité et le maintien dans l’euro relevait de la quadrature du cercle. En refusant d’envisager le Grexit, le premier ministre hellène se condamnait mécaniquement à renoncer à ses deux autres ambitions.

Il se condamnait d’abord à échouer dans son projet de vivifier la démocratie grecque. On l’a d’ailleurs vu: le résultat du référendum du 5 juillet, quoique triomphal, n’aura pas changé grand chose. Rien ne peut suffire, en réalité, à «réorienter l’Europe» vers une meilleure prise en compte de la volonté des peuples. Cela tient à la nature même de l’UE. En tant que projet postnational celle-ci vise, par définition, à impuissanter les nations qui la composent. Or en finir avec la nation, ce n’est pas, contrairement à ce que nous rabâchent les héritiers de Jean Monnet restés intellectuellement bloqués au milieu des années 1950, en finir avec «le nationalisme». Au contraire même. Nul n’est besoin d’être grand clerc pour s’apercevoir que l’Allemagne, la Finlande ou les Baltes sont en proie, depuis quelques semaines, à une crise de nationalisme aiguë, laquelle a atteint une acmé le week-end dernier, avec un règlement de compte sans pitié à l’endroit de la Grèce. En revanche, torpiller les nations c’est torpiller corrélativement la démocratie, puisque la première est le réceptacle de la seconde, le cadre dans lequel elle s’exerce. Il n’y a pas et il n’y aura jamais de reconquête démocratique tant que l’on persistera dans la voie supranationale. En revanche, il y aura du nationalisme. Beaucoup. Lire la suite sur FigaroVox.

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